fbpx

Procrastination

Devoirs à rendre : mémoire à fignoler, projet professionnel à réaliser, études de cas à préparer, avants-après à lookbooker, rentabilité à calculer… autant de choses à faire que l’on risque de remettre au lendemain. Tout ça pour aller participer à la première journée mondiale de la procrastination, c’était le 25 mars dernier.

Mais aujourd’hui hélas, on est déjà demain et ainsi de suite. Oui la procrastination consiste à remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui. Un comportement qui peut être perçu comme séduisant à bien des égards, mais qui peut devenir pathologique et difficilement supportable pour l’entourage.

• Signer le bulletin du petit dernier ? Demain
• Remplir la déclaration de revenus ? Ce week-end.
• Prendre rendez-vous chez le coiffeur ? La semaine prochaine.
• Réviser pour le bac ? début mai.
• Aller voir sa belle mère ? Jamais !

Pour François Weyergans, la procrastination est une défense immunitaire face à une société extrêmement rude, un moyen de se défendre des assauts du monde contemporain.

Alors pourquoi faire aujourd’hui ce qu’on peut faire faire (par un autre) le lendemain ?

La procrastination est un problème qui touche beaucoup de domaines, comme les finances, la santé, voire au niveau collectif, la gestion des crises écologiques, comme l’explique Hubert Guillaud, mais c’est aussi un cauchemar pour l’étudiant ou le lycéen, surtout lorsqu’il est livré à lui-même, tenu de préparer ses examens et rendre ses travaux… Et cela concerne aussi au premier chef l’adulte désireux d’apprendre par lui-même, que ce soit à l’aide de ressources en ligne, comme les Moocs, ou à l’ancienne avec des livres…

Selon une étude publiée en 2014 par le site Studymode et présentée par le Huffington Post, 87 % des étudiants et lycéens américains tendraient à retarder le moment de se mettre à travailler. Les raisons d’une telle attitude ? Elle varierait selon les âges. Assez peu admettent qu’ils n’aiment tout simplement pas faire leurs devoirs. Ceux qui revendiquent cette excuse se recrutent surtout parmi les lycéens mâles et même eux ne dépassent pas les 15 %. D’autres se disent « dépassés » et ne pas savoir par où commencer. Ce sont en majorité les femmes étudiant en université qui évoquent ce problème (mais globalement ce chiffre reste assez élevé pour toutes les populations). Enfin, les garçons lycéens reconnaissent plus volontiers être surtout « distraits par d’autres activités », mais cette difficulté concerne tout le monde. Comme on pouvait s’y attendre, les activités en questions sont surtout les réseaux sociaux, mais aussi la télévision qui reste un bon moyen d’échapper à la tâche à faire.

Bien évidemment, le problème de la multiplication des distractions est réel. Daniel Levitin, dans son livre The Organized Mind, remarque par exemple que les grands centres urbains sont à la fois des lieux de créativité et d’innovation, mais également ceux qui encouragent le plus la procrastination. Levitin souligne aussi un fait touchant particulièrement les adolescents : à cet âge, le cortex préfrontal (qui gère planification et décision) n’est pas encore totalement à maturité, donc la tendance à préférer une gratification immédiate à un bénéfice à plus long terme est exacerbée dans cette classe d’âge.

La procrastination : un problème émotionnel

Mais cette préférence pour les récompenses rapides n’est pas la seule cause de la procrastination : d’autres aspects importants sont à souligner.

Il est devenu évident qu’il ne s’agit pas d’une question de gestion du temps, mais avant tout d’un problème émotionnel qui ne disparaît pas comme ça. Comme le souligne dans un article de The Atlantic le professeur Joseph Ferrari, de la DePaul University : « Demander à un procrastinateur chronique de juste « faire ce qu’il doit faire » reviendrait à dire à une personne cliniquement dépressive : « allez, aie un peu le moral ! ».

La dimension d’anxiété propre à la procrastination apparaît clairement dans une expérience également relatée par l’article de The Atlantic. Les sujets devaient réussir un puzzle, mais pouvaient auparavant se détendre en jouant à Tetris pendant quelques minutes. Les procrastinateurs chroniques, nous explique-t-on, avaient tendance à retarder le moment d’affronter le puzzle si on leur précisait qu’il s’agissait d’une évaluation cognitive. En revanche, si on leur présentait cette tâche comme un jeu, ils l’effectuaient dans le même temps que les autres !

De fait, l’acte de retarder les actions à accomplir est très lié à un paramètre qui lui est a priori très éloigné : la confiance en soi. C’est l’avis de Piers Steel qui a élaboré dans son livre « une équation de la procrastination » (The Procrastination Equation, traduit en français sous le titre de Procrastination : pourquoi remet-on à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui ?). Grosso modo cette dernière évolue en proportion inverse du produit de la confiance en soi et de la valeur de la tâche. Si vous êtes confiant, mais n’accordez aucune valeur au travail à réaliser, vous allez procrastiner davantage. Si vous accordez une valeur au travail, mais n’avez aucune confiance en vous, ça ne va pas être terrible non plus. Et si vous n’estimez ni votre travail ni vous même, cela se passe de commentaires. La procrastination est de surcroît augmentée par les facteurs d’impulsivité ou les distractions, mais aussi par le temps dont on dispose pour effectuer la tâche : plus le délai est long, plus grande est la tendance à retarder l’exécution de la tâche (voir l’étude de de Klaus Wertenbroch et Dan Ariely déjà présentée dans nos colonnes). Aux paramètres définis par Steel, Levitin ajoute encore une autre forme de « délai » : le temps qu’on met pour recevoir un feedback positif de la tâche effectuée. On se mettra au travail d’autant plus difficilement que la récompense est lointaine.

Un autre aspect intéressant de la procrastination est sa dimension « cognitive ». Il est plus difficile de s’attaquer à des tâches abstraites que précises. C’est ce qu’a constaté Sean McRea de l’université de Konstanz en Allemagne, en compagnie d’une équipe de chercheurs internationaux. Ils ont envoyé un questionnaire à deux groupes d’étudiants en leur demandant d’y répondre par e-mail dans les trois semaines. Cela concernait des tâches comme ouvrir un compte bancaire, tenir un journal, etc. Mais les deux groupes se virent présenter les demandes de façon différente. Certains devaient écrire sur des questions assez abstraites, du genre : « Quel genre de personne possède un compte bancaire ? », tandis que les autres se voyaient interrogés sur les étapes pratiques à suivre : prendre un rendez-vous, remplir des formulaires… Il se trouve que le premier groupe a attendu bien plus longtemps avant de renvoyer le questionnaire, certains étudiants renonçant même à y répondre (alors qu’ils étaient payés pour faire ce test !). La conclusion qu’on peut en tirer est qu’il est bien plus tentant de retarder un travail dont les limites sont floues et demandent un surcroît de réflexion. Mais il s’agit bien sûr d’une impression purement personnelle.

En fait, il semble que ces deux exemples pointent sur une même cause fondamentale de la procrastination : on s’y livre quand on se sent noyé. Soit sur le plan émotionnel, soit d’un point de vue cognitif. Cela permet de pointer quelques débuts de solutions. Pour éviter de procrastiner : il faut que les tâches à remplir soient simples, concrètes, gratifiantes.

Comment vaincre (un peu) la procrastination ?

De fait, il existe pas mal de systèmes pour apprendre à améliorer sa productivité et gérer son temps, mais le plus simple, qui est également conseillé par Barbara Oakley dans son livre, reste la méthode Pomodoro.

« Pomodoro » signifie « tomate » en italien, mais désigne ici un gadget bien connu, un minuteur, souvent en forme de tomate utilisé surtout pour la cuisine, qui permet par exemple de calculer le temps nécessaire pour faire cuire des œufs à la coque. Cette technique a été imaginée par l’entrepreneur Francesco Cirillo pendant les années 80, alors qu’il était encore étudiant.

L’adepte de la méthode Pomodoro va se tenir à des périodes de travail de 25 minutes, mesurées par le minuteur, dont la sonnerie l’avertira de la fin de la session. Pendant ce laps de temps, il ne fera attention à rien d’autre qu’à la tâche en cours. 25 minutes ce n’est pas long ! Une fois les 25 minutes terminées on peut se récompenser, par exemple en allant sur les réseaux sociaux ou en surfant sur le web, activités que l’on s’est interdites pendant la période de travail. Selon le site Lifehacker, il peut y avoir environ 5 mn de repos entre chaque séance de « Pomodoro » et 15-30 mn de pause toutes les quatre sessions environ. Si l’on suit sérieusement la méthode, il faut tenir un journal où un « X » marque chacune des fois où l’on « tenu » le Pomodoro, autrement dit qu’on s’est concentré 25 mn sans interruption.

A première vue, cette méthode apparaît comme un simple outil de gestion du temps. Pourtant elle possède certains bienfaits psychologiques qui attaquent précisément cette sensation de « noyade » émotionnelle et cognitive qui fait le lit de la procrastination.

Le vrai secret de la méthode est donné, une fois de plus, par Barbara Oakley : se concentrer sur le processus. « En mettant l’accent sur le processus plutôt que sur le résultat », écrit-elle, « vous vous permettez de ne plus vous juger (Ai-je bientôt fini ?) et vous pouvez vous relaxer en vous laissant aller au « flow » de votre travail ». Autrement dit, la gratification psychologique vient du respect des temps de concentration, et éventuellement du nombre de Pomodoros effectués dans la journée. Pas de ce qu’on a produit ou appris. Vous avez fait vos 25 mn ? C’est gagné, placez un X.

La méthode Pomodoro permet aussi de prévenir la noyade cognitive. En 25 mn vous n’avez pas le temps de vous lancer dans une grande tâche complexe et mal définie. Même si, comme on l’a dit plus haut, seul le processus compte (et non le résultat), on a quand même tout intérêt de diviser son travail en petites tâches, chacune prenant le temps moyen d’un Pomodoro (même si, là encore, il n’est pas important que la tâche soit terminée à la fin de la session).

La méthode est-elle efficace ? Il n’y a aucune étude scientifique précise sur le sujet… Mais elle marche pour certains qui l’utilisent fréquemment. Pas systématiquement, et cela ne marche pas tous les jours et dans toutes les circonstances d’après eux : par exemple dans le cadre de la rédaction d’un papier, elle semble apporter plus de bénéfices lorsqu’on a réuni ses sources et commencé, sinon à rédiger, au moins à mettre en place la structure de l’article. Elle parait beaucoup moins efficace lors de la phase préliminaire de recherche de sujets et de sources, probablement parce qu’il s’agit là d’un travail justement plus flou, plus abstrait..

Je n’ai pas encore utilisé cette méthode même si elle a l’air de fonctionner.
Je mets plutôt mes atouts sur ma volonté d’agir et de bien faire. Cela me booste pour organiser mes taches à réaliser de façon ordonner et je m’attelle à ce qu’aucune n’empiète sur l’autre ou chevauche l’autre ou efface l’autre ou le pire, annule l’autre car il n’y a plus le temps nécessaire pour la réalisée : catastrophe
Je priorise les priorités même si tout est prioritaire…pour moi. Je me met en vitesse de croisière, je gère les impondérables sans me mettre la pression.
Et pourquoi j’y arrive, parce que j’aime ce que je fais alors je le fais tous les jours, un peu mais sûrement et même parfois je ne vois pas le temps passer tellement je suis dans mon élément. Et tranquillement j’avance et mes tâches aussi.

Évidemment il existe une multitude de méthode pour pallier à ce fléau. Choisissez celui qui vous convient le mieux mais faites-le, n’attendez pas demain. Car aujourd’hui c’est déjà demain !

Bonne lecture

A bientôt pour d’autres articles et conseils




Maryline Ravenel®

Passionnée par les gens, la mode et l'évènementiel, je suis devenue Consultante en image & Communication et Organisatrice d'évènements. En créant ce site, j'ai eu envie de mettre à votre profit mes passions, mes activités, mes différentes prestations et tous mes articles que j'affectionne à écrire sur tout ce qui me parle. Je souhaite que vous preniez plaisir dans la visite de mon site. N'hésitez pas à me laisser vos commentaires, vos remarques et toutes les questions que vous vous posez sur mes services. Et si vous souhaitez en bénéficier ou les recommander, contactez-moi ! Merci de faire vivre le site.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

0

Your Cart

%d blogueurs aiment cette page :